Bilan ecologique des programmes electoraux au Maroc 2011-2016

Creator: Soufyane Fares. All rights reserved.

En octobre 2016, les élections législatives représentaient un grand événement d’ampleur national. Juste un mois après, le Maroc a accueilli en novembre la 22ième conférence des parties (COP) tenue à Marrakech, qui se voit comme opportunité pour les Etats de montrer leur engagement et leur ambition pour l’action climatique.

La Fondation Heinrich Böll a porté attention aux débats publics qui concernent le changement climatique sur l’agenda politique de différents partis au Maroc, alors qu’ils commencent tout juste à présenter leurs ambitions écologiques dans leurs programmes électoraux.

La COP 22 s’est vu comme le moment adéquat pour analyser le bilan des défis du changement climatique dans les programmes électoraux au Maroc à travers la publication du rapport de l’économiste et analyste politique Zouhair Ait Benhamou qui s’est concentré sur les deux dernières élections parlementaires au Maroc en 2011 et 2016.

Donnant d’abord le contexte historique d’élaboration de programmes politiques des partis, le rapport se concentre ensuite sur l’élaboration d’un modèle économique qui prend en compte les relations entre la consommation en énergie et fuel, ainsi que les habitudes de transport, la croissance du PIB et l’évolution des émissions de gaz à effet de serre (GES). A partir de ce modèle, et son application au contexte Marocain, les propositions des partis participants majeurs aux élections de 2011 et de 2016 sont mises sous scrutin. L’attention se concentre particulièrement sur leurs buts de croissance et les impacts respectifs en termes d’émissions de GES ; mais  également sur la prise en compte leurs politiques écologiques possiblement moyen d’atténuer les effets environnementaux négatifs.

Basé sur ce rapport et en profitant du forum que représente la COP22, la Fondation Heinrich Böll a organisé une conférence le 10 novembre 2016,  pour discuter les différents défis que les partis politiques au Maroc font face pour inclure les questions écologiques dans leurs agendas. Le débat a commencé par l’auteur de l’étude qui a dressé le tableau des promesses écologiques  dans les programmes électoraux de cinq partis principaux pour les élections de 2011 (G8, PPS, PJD, USFP, Istiqlal) et de huit partis principaux pour les élections de 2016 (PJD, PAM, Istiqlal, RNI, PPS, MP, USFP, FGD),  suivi par l’intervention de Madame Nabila Mounib, secrétaire générale du Parti socialiste unifié (PSU) et Présidente de la Fédération de Gauche Démocratique (FGD), qui de son coté pense que les changements climatiques posent une question de justice sociale car les populations qui souffrent d’abord des changements, notamment les couches les plus pauvres et les plus vulnérables de la société (femmes, enfants, personnes âgées et handicapées). La discussion s’est aussi enrichie par l’intervention de Mr. Said Saadi, économiste et militant, qui a pointé le doigt sur le manque de conscience et de réflexion sur la relation de l’Homme avec l’environnement, tout en utilisant le terme du sens de malaise a l’égard de l’articulation de l’économie sociale et écologique. Citant par la suite, les cas dans le parlement qui ne prend pas assez en charge les questions écologiques due à l’absence des objectifs du développement durable dans les programmes des partis politiques, par exemple les communes locales qui ne sont pas impliquées dans les questions écologiques.  Les politiques de libre échange impacte en réalité négativement sur la relation l’Homme et l’environnement, et la réforme fiscale/fiscalité écologique reste une solution alternative possible, a affirmé Said Saadi.
La modération du débat a été faite par Mounir Bensalah, président du Mouvement Anfass Démocratique, qui a rappelé la nécessité et le besoin d’une gauche qui prend en charge les questions écologiques.

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